- Hé ti, tu fais quoi ce soir ?- J'emmène el djimbo al kermesse. Et puis on ira akatter é paquet d'frites chez l'grosse avec è crasse pinte.
Voici ce qu'on pourrait appeler une scène de vie boraine. Car, s'il y a bien une chose qui fait toujours recette dans notre région, c'est bien la kermesse (ducasse), pour le plus grand bonheur des cafetiers du village.
Dans mon jeune temps (hier donc !), la kermesse était synonyme de récompense, il suffisait de prononcer le mot ducasse pour que les yeux des enfants se mettent à pétiller. Il faut dire qu'à l'époque, la vie était plus simple, l'ère virtuelle n'existait pas encore... Et lorsqu'on est haut comme trois pommes, les sens prennent une autre dimension. Tout semble gigantesque, dans un univers de couleurs qui attirent le regard d'un enfant. Et les couleurs, ce n'est pas ça qui manque à la kermesse ! Puis il y a les odeurs. Les frites, bien sûr, avec la mayonnaise, bien épaisse, que l'on servait à la louche. Sans oublier les pommes d'amour, les barbes à papa ou autres friandises bourrées de colorants, qui collaient bien aux dents.
Parmi les souvenirs de kermesse, je repense inévitablement à la pêche aux canards, qui était mon attraction préférée. Il suffisait d'être agile avec sa canne, sans trop se fatiguer, pour repartir avec un jouet sous le bras. On m'installait ensuite dans les auto-scotters, croyant me faire plaisir au volant d'une voiturette électrique. Et bien, non : parents, détrompez-vous ! Ce n'est pas du tout agréable de se faire rentrer dedans par d'autres gamins quand vous tentez péniblement de manoeuvrer ou lorsque votre véhicule est immobilisé, dans l'attente d'un jeton pour pouvoir redémarrer. Puis il y avait le carrousel, où les enfants se précipitaient pour s'installer dans le véhicule de leur choix pour mieux attraper la floche.
Moi, je n'ai jamais réussi à l'attraper cette floche. Mais ce n'est pas bien grave, car finalement, cela fait partie de ces moments magnifiques qui sont gravés dans un coin de ma tête, dans ce précieux tiroir appelé l'enfance...
6 commentaires:
Tout ce que tu évoques est associé pour moi à de multiples "peurs". J'ai toujours eu peur du bruit et toujours j'ai fui ce bruit et le tumulte qui l'accompagne et particulièrement celui des foires foraines. Deux musiques qui se mélangent m'entraînent inéluctablelment dans un trouble indescriptible et aujourd'hui encore si à la ducasse, je suis entraîné de force et que celle qui est diffusée par les hauts parleurs de la pèche au canards se mélangent à celle des auto- tamponneuses, je me mets à flipper comme une bête, je ne peux entendre cette cacophonie, c'est plus fort que moi... (c'est con je sais, mais on a chacun ses peurs, il n'y a pas de quoi en tirer des conclusions).
Maintenant, je veux quand même finir sur une note positive; un paquet de frites et de la mayonnaise "à la louche" c'est, je l'avoue un des plus grand plaisir qui m'ait été accordé sur cette terre.
Merci de me le rappeler.
En écrivant ces mots j'en ai même l'eau à la bouche, c'est dire.
Bisou
Samuel
Ps : à propos, mon blog tu as renoncé à le chercher ? Il existe pourtant, il t'attends comme lectrice et commentatrice... J'indique 3ptipoints pour te laisser une piste, ne sois pas indécise comme moi...
Bonjour Samuel.
Je voudrais te remercier pour l'ultime indice qui a conduit mes pas jusqu'à ton blog et où j'y ai pris mon "pied" ! Sans cela, je n'y serai jamais parvenue (à ton blog), merci.
Amusant que la cacophonie te fasse peur. Car finalement, notre rendez-vous annuel (du Doudou) se produit à chaque fois en plein milieu de la cohue. Serait-ce pour tester nos résistances ? Je me suis rendue compte que le doudou, je l'adore comme je le déteste. J'adore les festivités du dimanche, où les mines commencent à être défaites, après deux jours de beuveries et de retrouvailles parfois forcées. Mais les jours qui précèdent et ceux qui suivent sont source d'une angoisse incontournable, va savoir pourquoi...
Toi qui fais l'éloge des pieds dans ton blog, il serait amusant de se focaliser là-dessus au doudou. En tout cas, il y au moins un dénominateur commun entre tous les pieds que nous croiserons : ils seront tous imprégnés d'urine et de bière, inévitablement ;-)
Sur ce, je me retire sur la pointe des pieds jusqu'à ton prochain commentaire...
Ah enfin le voila trouvé mon blog ! Je t'avais laissé quelques pistes par le passé. Aujourd'hui il est à découvert. Tu auras remarqué qu'il n'est pas aussi animé que le tien... Je n'y viens que de temps en temps mais j'essaie d'être à la hauteur de mes absences, j'espère y lire quelques commentaires de ta part. Tu as commencé ici, poursuivras-tu là bas ?
Tu sais qu'au doudou, les vapeurs d'alcool embuent les sens et l'ouie en particulier et si tu te souviens de nos trop rares rencontres annuelles à l'Atelier tu comprendras que le choix de ce point d'attache n'est pas vain car, en dehors de la convivialité qui y règne, la distance avec d'autres flux sonores est grande et ceci explique donc cela...
Autre chose : Ta petite main se tendant vers la "floche" sans l'atteindre, c'est une image magnifique. Je t'imagine avec tes yeux pétillants et ta désolation.
Tu es une grande fille aujourd'hui, tu es construite et ce petit évènement anodin en apparence a fait de toi ce que tu es maintenant; à sa manière il y a contribué et à coup sûr il te rend attachante. Tu es forte et faible comme nous le sommes tous; humaine et belle et c'est pour ça que nous t'aimons (je n'ose l'écrire à la première personne).
Je t'embrasse
Samuel
Merci Samuel. Ce matin, en sortant du métro, le pied léger, j'ai eu une intuition. J'ai pensé "aujourd'hui, ce sera une journée remplie d'énergies positives...". Ton message confirme ma pensée, et cela malgré que nous sommes un 13, que c'est la pleine lune et que mon cycle coïncide avec tout cela ;-)
A très bientôt sur ton blog... et à tout bientôt ailleurs !
Lors de vacances à Quiberon (en Bretagne pour les aventuriers), je me demandais si attraper la floche était aussi l'objet d'un tour gratuit. Gros belge en vacances, je ne voulais pas que ma juvénile progéniture soit déçue le cas échéant. Je me suis donc prudemment empressé de vérifier auprès de la foraine (qui elle aussi aimait les frites, cela se voyait). Attraper quoi? La..."floch"?
Aie! Encore un belgissisme... La floche n'existe que chez nous, là-bas, c'est un bête "pompon", c'est le bouquet!
Le Petit Robert dit ceci :
- vieil adjectif qui signifie "flasque" ;
- de l'ancien français "floc" signifiant "petite touffe"
Dans les deux cas, rien de très glorieux donc...
Le belgicisme, source de moqueries certes mais c'est tellement savoureux !
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