"Vivre les malheurs d'avance, c'est les subir deux fois." [René Barjavel]C'est en lisant cette citation récemment qu'une illumination s'est produite. Car, s'il est vrai que la prévoyance est mère de la sagesse (ou de quelque chose qui y ressemble), l'anticipation nourrit parfois les angoisses les plus tordues ! Et question anticipation, ça me connaît. Je préfère me préparer à toutes les éventualités, plutôt que de siffloter paisiblement et être assommée par un boomerang sorti d'on ne sait où !
Ceci dit, je me rends compte que l'anticipation des choses (les bonnes comme les mauvaises), cela peut gâcher une vie. Par exemple, lorsqu'on commence à cogiter, un simple rendez-vous chez le médecin peut se transformer en un véritable cauchemar ! Sans parler de l'avion, où désormais tous les scénarios les plus fous sont - hélas - possibles ! La pensée négative, c'est cette chose impalpable, c'est ce petit nuage noir que l'on trimbale à notre insu au-dessus de notre tête.
Pareil pour les évènements heureux, auxquels l'anticipation enlève une bonne part de spontanéité. C'est ce qu'ont pu constater mes amis, il y a quelques jours, en voyant ma réaction lors de la surprise qu'ils avaient concoctée pour mon anniversaire. J'adore organiser les surprises, mais j'encaisse mal celles que l'on me prépare, car je n'y ai forcément aucun contrôle. Quelques minutes me sont généralement nécessaires pour me laisser aller et apprécier ce qui m'a été réservé. Et avec deux verres de cuba libre, l'euphorie qui suit est encore plus visible !
La citation de Barjavel tombe bien à point pour ceux qui, comme moi, ont envie de lâcher prise. Et je dois admettre que je commence peu à peu à intégrer cette jolie phrase dans mon quotidien. Ainsi, pas plus tard que ce midi, je mangeais une nectarine avec beaucoup de plaisir. Mais c'est après avoir mangé la moitié du fruit que j'ai constaté avec horreur qu'il y avait quelques habitants indésirables à proximité du noyau ! Et dire que j'avais fait pleinement confiance à René, on ne m'y reprendra plus ! Bon, visiblement, ce n'est pas pour demain, la guérison de mes anticipations. Mais j'attends impatiemment le déclic ... et tant pis si je me prends des claques !
5 commentaires:
Luc Février 2006:"Encore et toujours les phobies, les vieux démons, tout ce qui te fait faible... Encore et toujours des épreuves contre toi-même"
Olive Aout 2006 :
"La pensée négative, c'est cette chose impalpable, c'est ce petit nuage noir que l'on trimbale à notre insu au-dessus de notre tête."
..."ce n'est pas pour demain, la guérison de mes anticipations. Mais j'attends impatiemment le déclic ..."
Je n'ai pas pu resiter, au risque de prendre, encore, une claque...
Bonjour Luc, merci pour ces deux phrases qui permettent de remonter la ligne du temps et constater que rien n'a changé, ou presque.
Car, si dans le passé je distribuais volontiers des claques, je répondrai simplement aujourd'hui par un sourire.
Le sourire de quelqu'un qui transforme les épreuves en trophées personnels. Et qui se dit qu'une vie sans failles ni démons serait désespéremment lisse et insipide, pour laquelle il n'y aurait rien à dire, ni à écrire. Ce qui implique qu'il n'y aurait donc plus rien à lire, et dès lors, tu n'aurais plus l'occasion d'intervenir non plus...
Ah, j'allais oublier : cette (courte) nuit, j'ai rêvé de toi. Sans doute au moment même où tu écrivais ces lignes, qui sait. Nous étions en train de jouer à un jeu de société. Et tu étais mauvais perdant...
Bonne journée ;-)
PS : au fait, as-tu bien regardé l'image ?
Il s'agit d'un nuage (qui est loin d'être noir par ailleurs !) photographié dimanche 13/08 en Italie, à 600m d'altitude. Les nuages défilaient comme un diaporama, tant la force du vent était toute-puissante. Et c'est en regardant la photo sur écran que j'ai remarqué la présence d'un oiseau qui semblait défier la force de l'air. Ajoutant sous son aile un énième trophée imaginaire...
Stéphanie,
Ce nuage, dans son dessin, évoque pour moi, l'île de Cuba ... que nous connaissons toi et moi.
Est-ce un hasard si cette photo a été choisie ? N'y a t il pas quelque part en nous des dessins enfouis qui nous font réagir ?
La "faiblesse" qui est montrée (stigmatisée) ici par l'intervenant, je ne la voit pas.
J'y vois plutôt de la fragilité; celle de l'être humain qui livre des sentiments personnels et qui les assume...
Il s'en détache même autre chose que des phobies, je dirais une certaine Grâce...
Samuel
Bien vu pour Cuba, je n'avais pas fait le lien. J'avais effectivement plusieurs photos de nuages et c'est celle-là que j'ai choisie instinctivement, va savoir pourquoi...
Merci pour le discernement dont tu fais toujours preuve. Finalement, on est pareils, toi et moi. Faire partie de l'élite, cela ne nous intéresse pas. Les choses qui nous interpellent, avec ou sans objectif (photo), n'ont rien à voir avec la perfection. La magie de l'instant, c'est l'instant qui n'a pas été calculé, ni choisi... juste apprécié.
Et en parlant d'imperfection, je peux te le dire maintenant : je n'ai jamais vérifié la t° de mes bains lors des développements photos ! Un peu par paresse, je te l'accorde, mais surtout par curiosité. Un peu comme si je faisais du sabotage volontaire pour obtenir finalement un résultat pas si mal que ça. Bref, c'est tout moi ;-)
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